Quand je participe au projet photographique de Pauline Le Pichon

Ça y est, nous sommes officiellement en été ! La période estivale commence et avec elle des occasions de s’accorder du temps et de prendre le temps de rencontrer sa créativité.

J’ai dernièrement ressenti le besoin de me reconnecter très profondément à ma part créative. Quand on encourage les autres à être créatifs, quand on les soutient dans leur créativité, quand votre créativité se met au service des projets d’autrui, arrive le moment où vous devez de nouveau expérimenter, juste pour vous, ce que votre cerveau est capable de « sortir » et d’inventer.

A l’occasion des jours fériés qui se sont succédés en mai et juin, je me suis lancé un défi que je vous conseille. Choisissez au hasard dans un dictionnaire, 3 mots et inventez une histoire où votre seule obligation est d’utiliser ces 3 mots… Laissez-vous guider par votre créativité et savourez la magie !
Moi qui écris très souvent pour les autres, j’ai redécouvert le plaisir simple d’inventer, de ne pas avoir de cadre ni de limites, de créer en toute liberté ! Ecrire de la fiction est un exercice qui s’avère passionnant car il vous permet de tout sortir, pourquoi pas de vous découvrir aussi et de tout utiliser : vos idées, votre vécu, vos envies, comme si vous entriez dans une dimension où tout est utile !

C’est entraînée par cet exercice que j’ai accueilli la proposition de Pauline.
Pauline Le Pichon est photographe. C’est lorsque que je coordonnais et animais le Concours Jeunes Talents pour Pictanovo, de 2013 à 2015, que nous nous sommes rencontrées, car Pauline y a participé 2 fois. En 2013, son projet Le Journal a été parmi les nominés et en 2015, son projet Dialogues et Interstices  avait fini parmi les 8 finalistes.

Depuis quelques semaines, Pauline a démarré une nouvelle série de photos « Fais comme chez toi ». Voir la photo 1 – Voir la photo 2 

« Vous vous rendez chez un ami et il vous dit « fais comme chez toi ». Par cette invitation, il vous propose de vous approprier son habitat de différentes façons possibles (s’assoir sur un canapé, se servir un verre par ex) tout en respectant certaines limites. Dans ce projet pluridisciplinaire, j’ai souhaité me servir de cette formule de politesse afin de questionner une nouvelle fois la dualité entre vérité et fiction. »

2 étapes majeures dans le process de création de cette série :

1 – Aller prendre des photos des intérieurs.
« J’ai demandé à mes amis et connaissances qui accepteraient de m’ouvrir la porte de leur intérieur le temps de quelques prises de vues. Je photographie des traces de leur présence. Si mon rendez-vous chez cette personne est planifié, le rendu photographique quant à lui demeure un vrai mystère puisque je fonctionne uniquement à l’instinct. Cette façon de procéder m’amène donc à photographier des affiches abimées comme des vêtements trainant sur un sofa. Ce travail photographique, à l’instar de celui de Sophie Calle, est sur- tout de l’ordre du constat et de l’observation d’une réelle part d’intimité.
Je ne cherche pas à ouvrir des tiroirs fermés, ni à fouiller dans un tas de papiers. Je souhaite me restreindre à ce qui se présentait devant moi, et cette restriction, fait écho, pour moi, à ce « Fais comme chez toi » que l’on ne prend jamais totalement au pied de la lettre. »

2 – Inviter des personnes à écrire un texte que leur inspire la photo.
« Je propose à d’autres personnes d’écrire quelques lignes selon une image que je leur envoie. Je fais en sorte que les personnes qui m’ont laissé venir photographier leurs présences ne soient pas intimement liées aux personnes qui écrivent, ce qui permet à ces derniers d’avoir le plus de recul possible. Hormis le fait que je souhaite quelque chose de « réel », je ne donne que très peu de consignes. »

« Ce processus créatif me permet de questionner une nouvelle fois nos rapports aux apparences puisque les écrits coïncident rarement avec la vérité qui se cache derrière l’image.
Le spectateur est ignorant de tout cela et ne peut donc pas savoir ce qui est réel et ce qui est faux voire même savoir si tout est réel ou si tout est faux… »

Vous l’aurez compris, Pauline m’a envoyé une photo et demandé d’écrire un texte.
Ci-après, vous découvrirez le résultat qui accompagne désormais la Photo 3 !
Un grand merci à Pauline pour cette proposition !

Ecrire une histoire d’après une photo avec laquelle vous n’avez aucun lien est un exercice de créativité que je vous conseille très vivement !

Si jamais vous avez envie de prêter votre plume à l’une des photos de Pauline, contactez-la !
Pauline est aussi sur Tumblr, Instagram, Facebook

Dés qu’elle vit le manteau, ainsi jeté sur le canapé, elle comprit que Stella était rentrée. Trois jours sans donner de nouvelles, c’était rude quand même ! Ok, elle avait proposé de la dépanner mais ça ne voulait pas dire que Stella pouvait entrer et sortir comme dans un moulin… Le parfum de Stella avait déjà envahi l’espace et on pouvait suivre sa trajectoire dans l’appart en allant de fringues en fringues. « Et en plus elle est bordélique » pensa Jane, en ramassant les affaires de son invitée qui ne semblait guère se soucier des conventions. « Oh non ! Il y a des limites, pas les sous-vêtements, merde ! », du bout des doigts, Jane saisit le string en dentelle noir de Stella et se dirigea d’un pas ferme vers la salle de bain, bien décidée à lui gueuler dessus. Elle fut stoppée net dans son élan. Elle la vit, là, sous la douche. La porte était grande ouverte. Stella était de dos et ne voyait pas Jane. La peau de Stella, couverte de bleus, laissait glisser sur elle les gouttes d’eau. Immobile, le visage levé vers le pommeau de douche pour recevoir l’eau en pleine face, Stella semblait chercher à recevoir la force de l’univers.
Jane marcha à reculons comme si cela pouvait lui permettre de faire moins de bruit. Elle déposa les fringues de Stella en boule dans un coin du salon.
Quand Stella débarqua dans le salon en peignoir, les cheveux prisonniers d’une serviette éponge, Jane fit mine de feuilleter un magasine tout en buvant son thé glacé, assise sur l’accoudoir du canapé.
Souriante, Jane lança, « Salut, ça va ? Je me suis permise de ramasser tes fringues, il y en avait partout ! », et Stella répondit « Merci, c’est cool. J’avais trop chaud, je devais filer sous la douche en urgence ». Stella se servit également un thé glacé et se vautra dans le divan comme si elle n’avait pas le corps couvert de bleus. Jane comprit qu’elle ne trouverait jamais le courage de lui en parler.

Publié sur son Tumblr ICI

Et vous ? Qu’auriez-vous imaginé ?

@aludv

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